L’éveil de mon existence

  Sur mon bureau de jeune fille, j’observe le Rêve et l’Avenir. J’y écris ce que je pense, ce que j’entends, ce que je vois, ce que je ressens.
Seuls mon stylo plume et mon imagination m’accompagnent dans ce voyage intellectuel et un prolixe, à l’aube de son existence.
Chaque jour, je cultive sans relâche mon inspiration de vieille enfant songeuse.
Je voudrais informer la Terre entière que j’ai une folle envie d’évasion, et que c’est certainement pour cela que j’écris.
D’ailleurs, je vous fais la promesse à l’heure actuelle que j’écrirai jusqu’à ce que mon désir soit assouvi. Certes, je suis consciente que cela risque de prendre du temps, mais il se trouve que j’ai encore tout mon temps. Je ne suis qu’à l’éveil de mes jours.

Excès de silence

Ce soir, ma rancoeur pèse lourd dans mon corps et mon esprit.
J’aimerais tout dire, tout avouer, sans aucune pudeur, sans aucun regret. Mais ma politesse me retient et les mots restent coincés au fond de ma gorge. J’aimerais pouvoir extérioriser mes sentiments affectés par l’abus de silence. Toutefois, je dois vous avouer que j’ai affreusement peur que tout cet excès d’indignation éclate d’un coup, sans prévenir le moindre individu.
Je sens peu à peu monter en moi une rage débordante de honte. Cependant je continue de me taire, mais cela ne durera pas longtemps, j’en fais la promesse.

Parce que moi je veux vivre. Vivre heureuse, un stylo plume dans une main, un livre dans l’autre, et des voyages plein la tête. Moi je veux vivre. Vivre, profiter du temps qui m’est offert pour faire tout ce que j’ai à faire, pour apprendre tout ce que je ne sais pas encore, pour dire tout ce que j’ai à vous dire, pour écrire tout ce que j’ai toujours voulu vous écrire.

Moi je veux vivre librement, néanmoins, ils m’ont appris à me taire et à obéir.

L’oiseau blanc

La nuit s’éveille,
Nous émerveille,
Le jour se couche,
Sur ta bouche,
Et ce calme qui m’embrasse,
Nous enlace.

Souffle d’un temps,
Dites-moi si je vous mens.

Je m’envole,
Bel oiseau blanc,
Je m’envole sans aucune parole,
Sans un seul regret accablant.

Mais le grand aigle noir me retient,
Me retient d’un rien.

Tes pensées ne sont que résistance,
Et les miennes aussi.
Je ferai cent fois la révérence,
C’est ainsi.

Patience et impatience

Patience un jour,
Patience une nuit,
Patience toujours.

Patience de l’ennui,
Non, impatience de l’ennui.

Patience limitée de l’impatient,
Patience insoutenable de l’impatiente.

Patience, patience, attends !
Patience, patience, tais-toi !

Patience rien du tout,
Patience absente ?

Surplus de patience,
Patience: perte de temps.

La patience est un mensonge,
Un mensonge futile.
Et l’impatience est une songerie,
Une songerie inutile.

A l’aube de mes jours

Jusqu’au jour où tout s’éveille,
Un corps, des pensées.

Jusqu’au jour où tout devient merveille,
Ton corps, tes pensées.

De la nuit au matin,
Du rêve à la réalité,
Des souvenirs lancinants aux souvenirs heureux,
De tes yeux à ta bouche,
Tu es présent, tu es le présent.

Tes mots glissent dans le creux de mon oreille,
Et les phrases résonnent,
Et la peau frissonne.

A l’aube de mes jours,
Tu m’as promis « Avec toi, pour toujours. »
A la tombée de la nuit,
Nous nous sommes oubliés.

Les maux cachés

Tu étais le visage éclairé de mes nuits,
Tu étais le gardien effrayé et détruit,
J’étais ta pensée maladroite,
Ta Liberté étroite.

Tu assassinais tes rêves,
Tu donnais vie à mes mots,
Je donnais un sens à tes maux,
Tu étais l’arbre, j’étais la sève.

Ton silence était encore plus violent qu’un ouragan,
Tes paroles étaient encore plus parfumées que l’origan.
J’entendais sans cesse cette douce mélodie,
Mêlée à cette éternelle tragédie.

Jusqu’au jour, hélas, où tout un Monde s’est effondré,
Le nôtre.

Depuis, je ne me souviens de rien d’autre que de tes grands yeux,
Et de tes cheveux capricieux.

Quant à toi, tu gardes dans ton cœur mes soupirs somnambules,
Et nos douloureux crépuscules.

L’enfant des Îles

Je suis l’enfant des îles, mon cœur y demeure, et y demeurera.
J’ai appris à nager dans la mer des caraïbes,
Le sable est mon plus beau tapis,
Le soleil est ma plus belle lumière.

Je suis l’enfant des îles,
L’air marin reste mon parfum préféré.

Je suis l’enfant des îles,
Le voyage est mon quotidien.

Je déambule sans cesse dans les forêts,
Tropicales, humides et fraîches.

Je suis l’enfant des îles,
Loin du reste du monde,
Proche des fleurs et de ses odeurs.

Je suis l’enfant des îles,
La plage est mon paradis.

J’entends encore les vagues enlacer les rochers,
J’entends encore le doux bruit des palmiers,
Les soirs d’été.

Je suis l’enfant des îles,
Le sel marin a brûlé mes yeux,
Mais a donné du goût à mon esprit.

Je suis l’enfant des îles,
Voilà tout.